Nature et culture, peur et courage, imaginaire et catastrophes : nouvelle exposition sur la fin du monde

Datum: 
7. Novembre 2017

 

L’exposition « Apocalypse – une fin sans fin » (ouverture le 10 novembre 2017) constitue, à maints égards, un renouveau important pour le Musée d’histoire naturelle de Berne : elle réunit la culture et la nature, tout en intégrant des créations artistiques. De plus, l’institution de la Commune bourgeoise de Berne utilise pour la première fois de nouveaux locaux. L’exposition soumet les visiteurs à des sentiments variés : la présentation de la fin du monde angoisse et fascine en même temps. Les catastrophes détruisent des mondes, mais elles mettent aussi toujours en lumière l’énergie de la vie. L’exposition a vu le jour en collaboration avec le concepteur d’exposition Martin Heller et son équipe de Heller Enterprises.

Le placoderme, dont le crâne fossile est exposé dans une vitrine, a vécu la fin du monde. Il y a 375 millions d’années, ce prédateur de près de dix mètres de long disparut des océans lors d’une des cinq plus importantes extinctions massives que notre planète ait connues. Ce n’est pas un secret : la Terre n’a pas encore connu sa fin. Mais d’innombrables mondes ont disparu au cours de son histoire. Qu’il s’agisse de mondes biologiques, comme celui des dinosaures, ou de civilisations humaines. Quand notre tour viendra-t-il ? L’idée de sa fin préoccupe l’humanité depuis son avènement. Il en était déjà question dans les premiers écrits, comme l’Epopée de Gilgamesh. La représentation biblique de l’Apocalypse a profondément marqué la culture occidentale. Et Hollywood alimente notre imagination à coup de scénarios cataclysmiques spectaculaires. 

La fin du monde n’est pas un thème classique pour un musée d’histoire naturelle. Il ne s’agit pas, en fin de compte, d’un phénomène naturaliste, mais plutôt d’une invention humaine. Bien sûr, la nature constitue un danger pour l’homme, toujours à la merci des forces indomptables d’ouragans et de volcans. Les catastrophes naturelles nourrissent nos angoisses depuis la nuit des temps. Pourtant, l’être humain devrait sans doute avant tout avoir peur de lui-même. L’idée que l’humanité puisse s’éteindre par sa faute hante les esprits depuis longtemps. Ce scénario devint plus concret le 6 août 1945, à 8h15 heure locale, lorsque la première bombe atomique s’abattit sur Hiroshima. Pour un nombre alarmant d’espèces animales, l’apparition de l’Homo sapiens fut synonyme d’apocalypse. La sixième extinction massive se déroule-t-elle à l’heure actuelle ? Une chose est sûre, la diversité des espèces sur Terre subit une baisse fulgurante, un déclin quotidien qui passe souvent inaperçu.

Renouveau et nouvelle stratégie : nature et culture

L’exposition « Apocalypse – une fin sans fin » du Musée d’histoire naturelle de Berne (durée prévue : cinq ans) reprend un thème très ancien, pourtant d’une actualité brûlante. Elle réunit des éclairages naturalistes, sociologiques et artistiques sur l’interminable histoire de la fin du monde. Images, objets et récits issus de la science, de la culture et de l’art se côtoient et se défient mutuellement. Le mélange de sentiments qui en résulte confronte les visiteurs à leurs propres imaginations et expériences. En se laissant emporter, ils pourront se perdre entre la vie et l’univers, la confirmation et l’incertitude. En même temps, l’exposition ne veut pas faire la morale ni répandre la sinistrose. Elle entend plutôt mettre en évidence les paradoxes qui s’en dégagent : la peur génère aussi le courage. Et les catastrophes mettent toujours aussi en lumière l’énergie de la vie.

Pour le Musée d’histoire naturelle, cette exposition marque un renouveau. Dans sa stratégie, l’institution de la Commune bourgeoise de Berne entend, à l’avenir, miser davantage sur des expositions temporaires. Un local approprié lui manquait à cet égard jusqu’à présent. Désormais, elle peut utiliser deux étages de l’annexe inaugurée en 1998, jusque-là loués à des tiers. Sur plus de 600 mètres carrés, au troisième étage, l’exposition sur l’Apocalypse marque ainsi le début ; le second étage, d’une taille similaire, doit être ouvert en 2019. « Apocalypse – une fin sans fin » s’inscrit toutefois aussi dans la nouvelle orientation du Musée : associer nature et culture.

L’exposition a été conçue conjointement avec Heller Enterprises, de Zurich, du concepteur et ancien directeur artistique d’expo.02, Martin Heller. Après l’exposition nationale suisse, Martin Heller fut notamment responsable de l’intendance de Linz 2009, capitale culturelle de l’Europe ; l’an prochain, il réalisera une exposition permanente sur la ville de Zurich au Musée national suisse, en collaboration avec Holzer Kobler Architekturen, de Zurich, bureau d’architecture et de design à vocation internationale. La scénographie originale de l’exposition « Apocalypse » a aussi été conçue par Holzer Kobler Architekturen.