Nouveau record de visiteurs et exposition « La fin du monde » avec Martin Heller

Datum: 
12. Janvier 2017

Nouveau record de visiteurs au Musée d’histoire naturelle

 
Le Musée d’histoire naturelle de la Commune bourgeoise de Berne a connuune excellente année 2016 : avec 130 945 entrées, l’institution a enregistré un nouveau record de visiteurs. Et ce grâce aux intéressantes petites expositions et aux nombreuses manifestations. En 2017, une grande exposition est prévue sous la direction de Martin Heller (commissaire d’expositions et ancien directeur artistique d’Expo 02) : « La Fin du monde ». A cette occasion, le musée accroîtra sensiblement sa surface d’exposition. 
 
Durant les plus de 180 années de son histoire, le Musée d’histoire naturelle de la commune bourgeoise de Berne n’avait encore jamais enregistré autant d’entrées. Avec 130 945 visiteurs, il a établi un nouveau record. En 2015, le nombre des entrées se situait à 107 845, ce qui représentait un accroissement de près d’un cinquième. Le record précédent avait été établi en 2012 (127 946 entrées). Le résultat est d’autant plus étonnant que, l’an dernier, seule une petite exposition avait été inaugurée (la météorite du Twannberg). Le public a également été attiré par les nombreuses manifestations organisées dans le musée. 2016 aura toutefois aussi été une excellente année sur le plan météorologique, notamment par rapport à l’année précédente.
 
Météorite du Twannberg, trafic d’animaux, année des éléphants
La vedette de l’an dernier aura été extraterrestre : en août 2016, le musée a dévoilé la découverte de plus de 600 fragments de la météorite du Twannberg, une nouvelle qui fit grand bruit dans le paysage médiatique, comme seul peut le faire un tel corps céleste. Les scientifiques du Musée d’histoire naturelle et de l’Université de Berne ont découvert, avec le con-cours d’une cinquantaine de chasseurs de météorites, le premier champ de dispersion de météorites de Suisse. Par la suite, la petite exposition « La Météorite du Twannberg – les aventuriers du trésor perdu » a été mise sur pied, laquelle sera sans doute encore ouverte au public jusqu’au 20 août 2017. La météorite ferreuse occupera les chercheurs pendant encore de longues années.
 
L’exposition spéciale « Morts ou vifs – trafic d’animaux » fut inaugurée en novembre 2015 avant d’être prolongée jusqu’à fin mai 2017, en raison des réactions positives. L’exposition présente des objets confisqués à la frontière suisse. Elle relate des histoires incroyables de trafiquants et dévoile des informations surprenantes.
 
Au printemps, le musée a ouvert un Diorama de reptiles et d’amphibiens indigènes. Les dioramas sont des vitrines dans lesquels les animaux sont présentés dans leur environnement naturel. Nos dioramas historiques sont considérés comme des joyaux en Europe. Il y a près de 40 ans, le NMBE ouvrit pour la dernière fois un diorama classique. En vérité, les dioramas sont un peu passés de mode, mais nous continuons de les utiliser sous leur forme classique, en guise de contrepoint dans l’univers du numérique.
 
L’année écoulée était placée sous le signe des éléphants. À cette occasion, nous avons présenté toute une série de curiosités et organisé des manifestations relatives aux pachydermes. Nous avons notamment célébré le 150ème anniversaire de l’éléphant de Morat, présenté une œuvre de Bernhard von Luginbühl et mis à la disposition de son fils Iwan un éléphant naturalisé afin qu’il puisse créer une sculpture. Enfin, l’éléphant doré qui orne notre toit – la mascotte de l’année de l’éléphant – a reçu un nom : Caruso.
 
La stratégie du musée d’histoire naturelle mise sur des manifestations peu conventionnelles, permettant de traiter les thèmes de la nature d’une manière rafraîchissante et d’attirer un public hétérogène, en s’inspirant de la devise « Au secours, ça vit ! ». L’an dernier, toute une série de manifestations spéciales ont eu lieu. Par exemple, Frölein Da Capo, Timmermahn ou encore Uwe Schönbeck & I Salonisti se sont produits au musée. Et le Bar des animaux morts a ouvert cette fois durant les fêtes de fin d’année et remporté un vif succès.
 
Par ailleurs, le Musée d’histoire naturelle a créé un nouveau label pour les programmes destinés aux familles aux enfants : « Pica ». Pica, une pie impertinente, explique aux visiteurs, petits et grands, où trouver les programmes correspondant à leurs désirs et à leurs besoins. Nous élargissons, d’une part, les offres que les familles peuvent découvrir par elles-mêmes dans le musée, comme les coffrets à thèmes par exemple ; d’autre part, nous offrons également des manifestations passionnantes. Ainsi, nous avons organisé l’an dernier de nouvelles visites familiales interactives, qui ont bénéficié d’un écho très favorable.
 

Perspectives 2017 : fin du monde, l’Amazonie à Berne, ornithologues amateurs

L’année 2017 sera une année importante pour le musée d’histoire naturelle. Dans le cadre de sa stratégie, le musée entend miser davantage sur des expositions spéciales, pour lesquels les salles nécessaires faisaient défaut jusqu’à présent. Nous pouvons désormais accroître notre surface d’exposition de 1200 m², car l’ensemble de la nouvelle annexe inaugurée en 1998 sera à l’avenir à la disposition du musée. L’étage supérieur de cette annexe était louée à d’autres usagers jusqu’à aujourd’hui. La bibliothèque d’archéologie, qui se trouvait au troisième étage, a d’ores et déjà déménagé. Le deuxième étage, où subsiste un dépôt du musée d’histoire bernois, pourra être utilisé à partir de 2018. En novembre 2017 sera inaugurée au troisième étage la première grande exposition temporaire « La fin du monde », qui devrait durer cinq ans. 
 
La fin du monde constitue un thème d’exposition classique pour un musée d’histoire naturelle. Il ne s’agit pas d’un phénomène naturel, mais plutôt d’une invention humaine. L’histoire de la fin du monde est très ancienne et très actuelle en même temps. On s’y intéresse en permanence. Elle se fait constamment sentir sous forme de menace latente, de surface de projection ou de moteur de création. En même temps, la menace est réelle et omniprésente pour la nature et l’être humain : la planète Terre et les espaces vitaux de ses habitants ont toujours été en danger. Les catastrophes naturelles et les désastres provoqués par l’homme, tels que les guerres ou les pollutions de l’environnement, ont provoqué des ravages depuis la nuit des temps, mais ils ont toujours en même temps démontré la force de la vie et sollicité la faculté d’innovation de l’être humain. « La Fin du monde » sera une exposition qui traite de la manière de gérer la peur et du courage nécessaire pour y parvenir. Elle permettra la confrontation de perspectives naturelles et culturelles, en conformité avec la nouvelle orientation de notre musée amorcée il y a quelques années. Elle sera développée et réalisée en collaboration avec le commissaire d’expositions actif au niveau international de Heller Enterprises de Zurich, l’entreprise de Martin Heller, ancien directeur artistique d’Expo 02.
 
Outre l’inauguration de cette exposition, l’année 2017 sera également marquée par deux mois thématiques. En février/mars, nous nous intéresserons à la diversité naturelle de l’Amazonie et au pionnier tombé dans l’oubli Emil August Göldi. Göldi décéda à Berne il y a 100 ans. Le zoologue nous a laissé une collection aussi importante qu’impressionnante de 14 000 objets. Nous ferons ainsi découvrir la vie et l’œuvre du naturaliste suisse. De plus, nous organiserons toute une série de manifestations dans le cadre du mois thématique « L’Amazonie à Berne », organisé avec le concours du Jardin botanique (cf. dépliant). En septembre, dans le cadre du mois consacré à l’observation des oiseaux, nous nous intéresserons à certains oiseaux… les ornithologues amateurs. Des hommes et des femmes qui consacrent leurs loisirs à l’observation des oiseaux et rendent ainsi de pré-cieux services à la science.
 

Science

20 scientifiques travaillent dans trois départements du Musée d’histoire naturelle. Voici quelques aspects des travaux de recherche et de collection de l’année écoulée et l’année nouvelle.
 
Invertébrés
En 2016, le département des animaux invertébrés a découvert et décrit scientifiquement pour la première fois 50 nouvelles espèces : 4 coléoptères, 15 araignées, 31 gastéropodes. Ces nouvelles espèces proviennent d’Europe, du Proche-Orient, de l’Himalaya et de l’Asie du Sud-Est.
Au cours de l’année, plus de 150 000 exemplaires de collection (insectes, gastéropodes/mollusques, araignées) ont été inventoriés. Ainsi, plus de 1,6 million de spécimens sont recensés. Le travail ne manque pas, car trois nouvelles collections importantes d’araignées sont arrivées, notamment celle de Konrad Thaler (Innsbruck) – la plus grande collection privée d’Europe, riche de 150 000 spécimens. 
Actuellement, la deuxième partie de la liste rouge des mollusques terrestres d’Europe est dirigée par notre curateur en malacologie, Eike Neubert. 30 scientifiques européens examineront environ 1200 espèces de gastéropodes terrestres.
Le responsable du département, Christian Kropf, s’est exprimé à l’occasion du congrès international d’arachnologie de Denver (USA), au sujet des araignées et la BBC y a fait écho dans son magazine « BBC Earth » (le plus grand magazine d’histoire naturelle au monde).
Enfin, nous avons pu célébrer l’habilitation de Seraina Klopfenstein – première femme du musée à obtenir ce titre. 
 
Vertébrés 
L’équipe de Stefan T. Hertwig a décrit une nouvelle espèce de crapaud de l’île de Bornéo particulièrement délicate (Ansonia teneritas). Cette nouvelle espèce, extrêmement rare, a été découverte durant une expédition aventureuse sur le haut-plateau d’Usun Apau. Dans ce lieu isolé du monde, les chercheurs sont même tombés à court de nourriture. 
Manuel Schweizer a participé en juin à une expédition au Tibet avec des partenaires chinois de coopération de l’Université Sun Yat-sen. Ils ont collecté des échantillons sanguins d’hirondelles de rivage à des fins d’analyse génétique de cette forme peu connue. D’après les premiers résultats, il pourrait s’agir d’une espèce d’oiseau à part entière.
Le projet Lacs touche à sa fin provisoire. Mené par l’EAWAG et l’Université de Berne avec le soutien de l’OFEV, il s’intéresse à la diversité des espèces piscicoles des lacs suisses. Les poissons pêchés sont au-jourd’hui presque tous naturalisés et intégrés dans notre collection. 
À l’occasion de la nuit des musées, les préparateurs du musée ont créé un exemplaire particulièrement précieux de nasobème. En raison de son aspect amusant, l’objet a obtenu un vif succès auprès des visiteurs.
Au printemps, Stefan T. Hertwig effectuera une nouvelle expédition sur l’île de Bornéo avec des scientifiques allemands et malaisiens. Elle aura pour destination des zones montagneuses encore inexplorées dans le nord de l’île. 
 
Géologie
En dehors des recherches effectuées sur le Twannberg (voir plus haut), nos chasseurs de météorites ont aussi recherché des objets célestes à Oman. La zone ciblée de Rub’ al-Khali, dans le sud-ouest d’Oman, a donné des résultats très intéressants. Beda Hofmann et son équipe y ont observé des densités inhabituelles (environ 10 fois plus que la moyenne des déserts d’Oman), et la proportion la plus élevée de météorites rares de toutes les campagnes effectuées jusqu’à présent. Le projet « Meteorite Accumulations of Arabia » sera soutenu par le Fonds national suisse pour une nouvelle phase jusqu’en 2019 à raison de 250 000 francs. L’équipe retournera à Oman cette année. 
Nos paléontologues ont secondé la Nagra dans l’avant-projet « stratigra-phie d’ammonites dans les profils et les forages de Suisse septentrionale ». Cet avant-projet doit devenir un projet pluriannuel en 2017. Il apparaît que l’expertise des chercheurs du musée est très demandée en Suisse dans le cadre de projets géologiques particulièrement complexes. 
La mission ExoMars 2020 de l’ASE a été définitivement approuvée. Beda Hofmann participe à la seule expérience suisse menée sur le rover (CLUPI). Dans le cadre de ce projet, des travaux préparatoires seront engagés au cours de l’année 2017.
 
 
Contact : Christoph Beer, directeur, christoph.beer@nmbe.ch, +41 (0)31 350 72 21
Martin Heller, martin.heller@hellerenter.ch, +41 (0) 43 233 91 37